Même si elle en a l’apparence, la douleur n’est pas une sensation.
La réduire à un simple phénomène sensoriel que l’on pourrait contrôler localement expose à des échecs cliniques répétés.
Classiquement, les sensations relèvent des cinq sens. On y ajoute aujourd’hui la proprioception, la thermoception, l’intéroception ou encore l’équilibrioception. Certains incluent même la nociception, au motif qu’elle repose sur des récepteurs spécifiques. Mais cette assimilation est trompeuse. La douleur ne se résume pas à la nociception.
Elle est un processus plus complexe, se distinguant d’une sensation, en cela qu'elle est toujours désagréable et que sa fonction est exclusivement protectrice. Elle nous contraint à réagir, à adapter notre comportement.
La confusion vient du fait que, comme pour le toucher, la douleur est perçue là où elle prend naissance. Pourtant, l’organe central de la douleur est le cerveau, pas les nocicepteurs.
Dans le langage courant, le terme sensation décrit à la fois la perception de l’information par les récepteurs (j'entends une musique, par exemple) et son interprétation (cette musique me plait). L’oreille n’est que le capteur. Elle n’est ni le juge ni le siège du plaisir ou du déplaisir que la musique peut entraîner. Ce n’est que lorsque les capteurs sont activés par un trop fort stimulus, qu’une douleur peut survenir. On passe alors du sensoriel au douloureux.
La douleur se distingue d’une sensation en cela qu'elle est toujours désagréable et que sa fonction est exclusivement protectrice, au même titre que l'inflammation ou l'immunité.
Traiter la douleur ne consiste donc pas uniquement à bloquer un influx nociceptif. Cela suppose d’anticiper, comprendre et maîtriser l’ensemble du processus douloureux.
En dentisterie, cela implique de :
Connaitre la physiologie de la douleur et les trois étapes du processus
Mettre en œuvre les stratégies permettant un contrôle total de la douleur,
pour améliorer à la fois l’expérience patient, la qualité du soin et la sérénité du praticien et de l'équipe soignante.
