Qu'elle soit aiguë ou chronique, on entend souvent l’expression « combat contre la douleur», à l’instar du fameux « combat » contre la carie, la maladie parodontale ou certaines maladies générales.
Ce curieux langage médical, de nature martiale, va même parfois jusqu'à considérer la douleur comme devant être « tuée ». Carrément !
Les anglo-saxons parlent en effet de « pain killers » pour les antalgiques, expression qui concourt peut-être aux abus d'utilisation de ces médicaments, dont les conséquences sont connues.
Bien sûr lorsqu'on souffre, on peut ressentir cette envie de « tuer » la douleur.
Et lorsque l'on est soignant, quoi de plus normal que de vouloir faire disparaître la douleur de l'autre par des moyens efficaces.
En effet, la douleur est à la fois signal, langage et obstacle. Même si elle revêt les habits d’une ennemie, il s'agit bien d'une amie de celui chez qui elle se manifeste, car la douleur lui donne un précieux signal d'alarme.
À deux conditions…
La première condition est que le signal soit compris, puis suivi d’une action appropriée en fonction du diagnostic. Mise au repos, protection, action sur une lésion, ou tout autre thérapeutique adaptée…. les moyens ne manquent pas.
La seconde est que le système de la douleur ne soit pas dysfonctionnel, comme cela
arrive parfois sous l’égide de diverses causes. Auquel cas, ce dysfonctionnement doit être aussi considéré et traité.
Pour le soignant, la douleur représente aussi parfois une ennemie, lorsqu’elle constitue un obstacle à la bonne réalisation des soins.
Mais aussi elle est aussi notre amie, car elle est une aide précieuse au diagnostic et à l'évaluation de la thérapeutique. Elle est par exemple un indicateur précoce et précieux de la guérison d'une lésion inflammatoire d'origine endodontique, car elle précède de loin la reminéralisation osseuse, qui est un indicateur radiologique fiable, mais tardif de la guérison.
